5 octobre 1988 :
Espoirs, désillusions et leçons
« L’Histoire ce ne sont pas seulement les faits, mais les leçons que
l’on tire ».
Il y a 20 ans, une manipulation criminelle de l’un
des gangs du système provoquait la mort de plus de 600 algériens dont une
majorité d’adolescents. Cette manipulation, avec le recul, n’était en réalité
qu’une répétition à petite échelle de la tragédie de janvier 92 qui allait
faucher plus de 200 000 Algériens.
Il y a 20 ans, on a tiré à la mitrailleuse sur des
adolescents et on a torturé systématiquement d’autres dans les commissariats et
les casernes de la sinistre police politique. Leur seul crime était d’avoir
clamé violemment leur aversion d’un système de haggarines. Ces mêmes haggarines
qui pensaient manipuler une jeunesse désoeuvrée pour assouvir leurs bas
instincts de brigands, ne savaient pas qu’ils manipulaient une poudrière. Les
manipulateurs dans leur inconscience, donnaient ainsi l’occasion à une jeunesse
abandonnée et sans repères, de vomir sa
haine d’un régime illégitime qui avait transformé son pays en une vaste prison
à ciel ouvert. Et cette poudrière éclatera sur leur visage hideux et sans
scrupules.
Abandonnée à elle-même et minée déjà par de
nombreux fléaux sociaux, notre jeunesse se donnera à cœur joie à détruire ce
qui représentait à ses yeux les symboles de la hogra et de la corruption
(kasmates et mouhafadhates du FLN, ministères, souks el Fellah, Riadh El Feth…..).
Elle faisait inconsciemment sienne, la citation d’un auteur français :
« Dans cette forêt d’injustice que peut faire la cognée du bûcheron ?
Ce qu’il faut, c’est l’incendie, le grand incendie ». Cette violence
inouïe signifiait tout simplement le
rejet profond de ce système. Et ce rejet appelait au changement de ce dernier
dans sa globalité. Mais, hélas on préféra changer de vitrine.
Ces douloureux événements permettaient également
de mettre à nu l’odieux visage de ce régime illégitime, sa cruauté et son échec
patent dans sa gestion chaotique du pays. Sa violente réaction à des événements
que l’un de ses gangs avait lui-même provoqué nous donnait déjà un avant-goût
de ce que nous allions vivre comme horreurs quelques années plus tard.
Des criminels en col blanc pensaient se débarrasser du gang dit
conservateur du système en provoquant des émeutes téléguidées. Ils pensaient « réformer »
le pays en sacrifiant des enfants, ignorant superbement la sentence de
Tocqueville qui disait que « le moment le plus dangereux pour un mauvais
gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer ». Car
l’Algérie de 88 n’avait pas besoin de réformes, mais d’un CHANGEMENT RADICAL de
système.
Je tiens avant tout et à l’occasion de ce
douloureux anniversaire, à m’incliner avec émotion et respect devant la mémoire
de ces innocentes victimes juvéniles, sacrifiées sur l’autel de prétentions
politiciennes criminelles.
En tant que chirurgien orthopédiste et militant
des droits de la personne humaine, j’ai eu à vivre de très près ces tragiques
événements. Outre les nombreux cas de tortures et de blessures par balles que
nous avons eu à traiter, je fus particulièrement marqué par la sanglante répression bestiale qui s’est abattue sur les participants de la manifestation pacifique du 10 octobre 88
à Alger. Ce jour-là, un confrère traumatologue de garde à l’hôpital Mustapha,
débordé par l’afflux des blessés, m’appela pour lui prêter main forte. Je fus
bouleversé par le spectacle désolant qui s’offrait à mes yeux. J’ai eu à opérer
plus particulièrement deux patients, l’un de 19 ans, lycéen demeurant à Alger
qui avait participé à la marche qui avait démarré du quartier de Belouizdad
pour rejoindre Bab El Oued. Il fut fauché devant le siège de la direction
nationale de la police (DGSN) par des tirs venant d’un blindé selon ses dires. Sa
cuisse était réduite à une véritable bouillie cutanée, musculaire et osseuse. La
peau et les muscles étaient totalement calcinés et son fémur totalement éclaté.
Aucun traitement conservateur n’était possible devant cette importante perte de
substance. Je fus contraint de pratiquer une amputation au niveau de la cuisse
pour sauver ce jeune citoyen qui perdait énormément de sang. Le 2e
patient était âgé de 32 ans, manœuvre, originaire de Jijel et travaillant dans
un chantier de la capitale. Lui aussi fut grièvement blessé par balles lors de la même manifestation. Les importants
dégâts provoqués au niveau de sa jambe m’amenèrent là aussi à pratiquer une
amputation. Je me suis interrogé avec mon confrère de garde sur le type de
balles utilisées, car nous n’avions retrouvé aucune trace des projectiles. Seulement
des pertes importantes de substance, des brûlures et une bouillie osseuse. Alors
que les jours précédents, nous avions eu à opérer des blessés par balles et on
retrouvait toujours un orifice d’entrée, parfois de sortie de la balle sur le
membre, quand cette balle ne se logeait pas dans le muscle ou l’os. J’avais
conclu ce jour là que les balles utilisées n’étaient pas des balles
conventionnelles. Il s’agissait bel et bien de balles explosives. D’autres
confrères chirurgiens me rapportèrent les mêmes constatations. J’ai eu à
relater ces cas à la presse internationale présente à l’époque à Alger et à
quelques journalistes nationaux courageux qui venaient s’enquérir de la
situation des blessés. J’apprendrais, suite à une enquête que j’avais réalisé
avec une poignée de confrères au sein du Comité médical de lutte permanente
contre la répression et la torture que nous avions créé après la tragédie
d’octobre, que ce jour-là huit citoyens avaient subi des amputations dans les
différents hôpitaux d’Alger suite à des blessures par ces balles ravageuses.
Je fus également bouleversé d’apprendre qu’un
enfant de 11 ans fut froidement abattu d’une balle dans la tête et à bout
portant par un policier en civil à Belfort, quartier d’El Harrach.
Je fus troublé en lisant le témoignage du père
d’une victime demeurant à Annaba qu’avait mis à notre disposition Me Brahimi,
président de la ligue officielle des droits de l’Homme de l’époque (LADH) et
d’apprendre comment fut assassiné froidement son fils avant d’être jeté dans un
dumper de la voierie municipale.
Tout comme j’ai eu à présenter à la délégation
d’Amnesty International, un citoyen de Bab El Oued, atrocement torturé au
commissariat central d’Alger et dont ses organes génitaux furent écrasés dans
l’épreuve du tiroir, épreuve si chère à nos tortionnaires névrosés.
Ces crimes odieux contre l’Humanité seront graciés
quelque temps plus tard sans que justice ne soit faite. Cette dernière sera par
contre « sollicitée » de jour et de nuit pour condamner les jeunes
manifestants victimes de cette criminelle manipulation.
Plus grave encore, ces crimes contre l’Humanité
seront officiellement considérés comme des accidents du travail, indemnisables
par…… la caisse nationale de sécurité sociale. Une tragi-comédie !
Quelles leçons doit-on tirer de ce drame annonciateur d’une autre
tragédie ?
Je persiste à dire que la pseudo-ouverture démocratique
de l’après-octobre 88 n’était qu’une supercherie. Je n’étais pas le seul à le
penser et à l’exprimer. Notre frère Hocine Aït Ahmed, figure historique de la
Révolution et de l’opposition s’interrogeait déjà le 24 octobre 88 : «S’agit-il d’un bluff démocratique destiné,
en ravalant la façade, à donner au pouvoir un semblant de légitimité ? ».
Je commençais déjà à douter de cette parodie démocratique
lors de la désignation du nouveau « gouvernement » dirigé par
l’ancien chef de la sinistre police politique (!!!) et où l’ancien chef de l’Amicale (de
surveillance et de contrôle) des Algériens en Europe, une branche de cette
police politique, qui avait traité la crapuleuse manipulation de notre jeunesse
de « chahut de gamins », était nommé « ministre » de
l’information !!! Je partage entièrement le constat d’un courageux jeune
compatriote journaliste qui disait en 2005 : « L’Algérie est sûrement le seul pays au monde qui pensait pouvoir passer
de la dictature à la démocratie avec les mêmes acteurs, qui ne se sont même pas
donné la peine de changer de costumes ». On voulait décréter une « démocratie » sans
démocrates !
Alors que le pays avait besoin d’un changement en
profondeur de son système politique, l’oligarchie militaro-financière, momentanément
déstabilisée par ses propres turpitudes qui avaient dérapé, préféra un
changement dans le système. Les luttes souterraines sourdes qui se poursuivaient
après le séisme d’octobre, mirent fin rapidement à ce
« gouvernement », pour le remplacer par un autre dit « réformateur »,
qui, ceci dit, était le moins mauvais qu’ait connu l’Algérie indépendante.
Mes appréhensions quant à cette vaste supercherie
furent hélas confirmées par la fin de la récréation sifflée par le quarteron de
putschistes en janvier 92. Un geste irresponsable et criminel qui allait
plonger l’Algérie dans une mer de sang et de larmes.
En réalité et malgré les modifications de façade
de l’époque, les véritables acteurs du système s’étaient arrangés, pour
reprendre un auteur italien, « pour
tout changer afin que rien ne change ».
La société, gonflée d’espoir et assoiffée de
justice et de liberté, croyait sincèrement et naïvement au changement. Ce qui
restait de la classe politique réprimée durant trois décennies et réduite à la
clandestinité (FFS, MDA, PAGS, extrême gauche), n’avait pas de sérieuse assise
populaire pour constituer une force et pouvoir jouer un quelconque rôle dans le
changement. Elle fut contrainte de s’inscrire dans la stratégie du pouvoir
intrigant et manœuvrier. Ces partis et d’autres furent « agréés » non pas en tant
que partis mais sous la folklorique appellation « d’association à
caractère politique ». Une fumisterie politique à l’Algérienne !
Autre caractéristique de la supercherie
démocratique : des « partis » sans aucune consistance furent
créés dans les laboratoires de la tristement célèbre sécurité militaire pour
certains et dans le bureau du chef de cabinet de la Présidence pour d’autres. Certains
avaient pour mission d’amuser le « ghachi » et de servir de vitrine
au faux pluralisme, d’autres avaient pour mission de s’opposer à la véritable
opposition. Autre fumisterie politique à l’Algérienne !
Nous connaitrons tous, les résultats de ces
manipulations boulitiques malsaines des officines quelques années plus tard. Un
mélange explosif qui ébranlera les fondements de la Nation algérienne.
Que reste-t-il au jour d’aujourd’hui des
« acquis » d’octobre 88 (qui ne sont pas sans rappeler les fameux et fumeux
« acquis » du socialisme) ?
Nous sommes toujours en présence d’un régime sans
légitimité et d’un peuple sans souveraineté.
Le véritable pouvoir est toujours aux mains d’une
oligarchie militaro-financière mafieuse sans foi ni loi. Tout le reste n’est
qu’apparence et faux décor ou pour reprendre la dialectique populaire : ce
n’est que khodra fawk A’acha.
La vie politique artificielle est
« animée » par une kyrielle de « partis » décoratifs aux
ordres de la police politique. Seul le FFS garde encore son autonomie mais
reste affaibli par de nombreuses opérations de déstabilisation.
La ligue officielle des droits de l’homme (LADH)
lâchée par le régime, car ne présentant plus aucun intérêt à ses yeux, est
réduite à une vie végétative.
La ligue Algérienne de défense des droits de
l’homme (LADDH), née dans la douleur en 85 et après un courageux combat contre
l’Etat de non-droit, est actuellement éclatée en deux tendances et risque de ce
fait, une dissolution par le pouvoir illégitime. Quelle aubaine !
Les institutions du pays du sommet à la base sont
des institutions factices, sans aucune représentativité.
La presse est aux ordres, à quelques rares
exceptions. On nous a fait croire au début de la pseudo-ouverture à une « aventure
intellectuelle » qui s’avérera au fil des ans être une imposture
pseudo-intellectuelle. Et là aussi, d’anciens responsables des BSP (bureaux de
surveillance de la SM), purs produits du parti et de la pensée uniques se
transformèrent en « patrons » de presse, exploitant d’honnêtes et
brillants jeunes journalistes. Certains titres se mettront sous la coupe de
l’action psychologique « des services » au lendemain du coup d’Etat,
pour devenir une sorte de « Radio des mille collines », au service de
l’éradication. D’autres se transformeront en brosses à reluire du palais d’El
Mouradia. Les quelques titres qui voulaient garder leur autonomie seront précocement
éliminés (La Nation, El Hourrya, El Oumma, L’opinion, El Hadeth…).
La justice est sous la dépendance totale de
l’oligarchie et de sa police politique.
Le chômage endémique au sein de la jeunesse a
atteint un taux alarmant et ce ne sont pas les faux chiffres officiels qui nous
feront croire le contraire. Une jeunesse réduite à la délinquance, la harga ou
à rejoindre les maquis.
La corruption est pratiquement institutionnalisée.
Elle concerne aussi bien le planton d’administration que le plus « haut fonctionnaire » du
régime. La « tchippa » est érigée en constante nationale.
La misère touche plusieurs millions de citoyens. Un
pays aux richesses incommensurables où des dizaines de milliers de ses citoyens
quémandent leur maigre pitance dans les poubelles !
L’économie trabendisée, largement dominée par les
réseaux mafieux de l’import, est totalement dépendante des hydrocarbures. Une
éventuelle baisse du prix du pétrole risque de constituer un véritable désastre
au pays, comme en 86.
Cette inquiétante situation sociopolitique est
aggravée par une opposition armée aveugle régulièrement alimentée par les
victimes de l’oppression, de la misère et de la hogra.
Ce régime sourd aux appels des hommes politiques
sages en vue d’un changement réel, aveugle devant les souffrances et la
déliquescence de la société et muet
devant l’appel de détresse d’un peuple meurtri, se complait dans un statu quo
suicidaire.
Comme nous le voyons, tous les ingrédients d’une
grave explosion populaire sont là sous nos yeux. La prochaine déflagration risque d’être, à
Dieu ne Plaise, un véritable TSUNAMI populaire qui emportera non seulement ce
régime gangrené mais tout le pays.
Je crois que le diagnostic a été amplement fait
par de nombreux acteurs et observateurs de la vie politique nationale et depuis
fort longtemps. Rien ne sert de s’y attarder.
Le temps est à la réflexion et à l’action quant
aux voies et moyens de changer radicalement et pacifiquement le système
politique.
Aveugle, sourd et muet, le régime persiste dans sa
fuite en avant, ignorant, pour reprendre Burke « qu’un Etat qui n’a pas
les moyens d’assurer des changements n’a pas non plus les moyens de sa propre
conservation ». Ce régime est donc inéluctablement condamné à disparaître
tôt ou tard. Il a atteint la phase terminale de son cycle naturel de vie.
Mais en face, qu’y a-t-il comme force alternative
crédible ? RIEN. Un vide sidéral !
Devant la faillite de la classe dite politique et
la trahison d’une grande partie des élites :
Doit-on rester les bras croisés et attendre l’arrivée
d’un Mahdi ou de l’homme providentiel que les laboratoires de la police
politique et de l’argent sale se chargeront de nous « dénicher » ?
Devons-nous attendre impassibles l’explosion
populaire et ses dérapages inévitables qu’exploiteront inéluctablement des
charlatans et des aventuriers politiques de tous bords pour nous plonger encore
une fois dans d’autres ténèbres ?
Ou devons-nous nous rassembler et nous organiser,
toutes tendances politiques confondues et sans exclusion aucune, autour d’un
compromis politique historique, en vue d’un changement pacifique et radical
afin de remettre notre pays sur les rails de la réconciliation véritable, de la
paix et des libertés démocratiques et de construire ENSEMBLE un Etat de droit et une république de toutes
et de tous ?
Devant la gravité de la situation, il est du
devoir de toutes les volontés politiques et intellectuelles sincères de s’unir
autour d’un minimum de valeurs et de principes communs, quelque soient leurs
chapelles idéologiques et leurs appartenances politiques. L’urgence est
d’œuvrer à un changement de système, en créant une véritable dynamique
populaire guidée par une élite probe et engagée.
Il est clair que ce processus de changement
souhaité ne peut réussir que s’il associe toutes les volontés et forces
représentatives de la Nation et dans lequel tout citoyen se reconnait et se
sent partie prenante.
Personne, ni galonné, ni zaïm politique, ni cheikh,
ni intellectuel ne doit avoir la prétention de penser que le destin de
l’Algérie est entre ses mains. Ce
processus politique est l’affaire de toutes et de tous, de l’intérieur et de
l’extérieur. Nos compatriotes exilé(e)s doivent être partie prenante de cette
dynamique.
Nous devons tracer ENSEMBLE une perspective d’avenir
qui puisse redonner espoir à notre peuple. Un « rêve partagé »
motivant notre jeunesse et créateur d’une dynamique, avec une vision saine
d’une Algérie apaisée et prospère dans laquelle tous ses citoyens, sans exclusion
ni discrimination vivront
harmonieusement. Cette Algérie apaisée et prospère qu’on voudrait aussi léguer
aux générations futures.
Nous appartenons à cette catégorie d’intellectuels
et de politiques qui refuse les fausses
solutions et encore moins, les honteuses compromissions. Devant la gravité de
la situation, nous devons faire preuve de pédagogie et d'honnêteté envers notre
peuple, longtemps trompé par les aventuriers de tous bords et prendre nos
responsabilités devant notre Peuple et devant l’Histoire. Sans concessions ni
complaisance, nous devons poser les véritables problèmes de fond et proposer
des solutions réalistes d'une authentique sortie de crise et d’une dynamique
populaire de changement. Je pense que nous avons tracé dans nos articles
précédents sur le site Le Quotidien d’Algérie et sur le forum de la dignité et du changement, les grandes lignes de cette dynamique. Des
frères et sœurs œuvrent depuis des mois à la rédaction du Manifeste de la
dignité et du changement.
Nous demeurons
convaincus que la solution à la crise nationale se trouve en Algérie, entre les
mains des algériennes et algériens sincères et dignes qui se battent pour une
Algérie de toutes et de tous sans exclusion, une Algérie de justice, de dignité
et de liberté. Nous ne devons compter
que sur nos propres forces. Et elles sont grandes si nous en prenons
conscience.
ENSEMBLE,
relevons ce défi d’initier cette dynamique de changement, intelligente,
pacifique et réaliste.
ENSEMBLE œuvrons
à créer les conditions d’une vie digne dans une Algérie libre et prospère.
« Point
n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».
Salah-Eddine SIDHOUM
Alger, 05/10/2008