Communiqué de M. Samraoui, 5 décembre 2007
Comme je l'ai déclaré
auparavant, je me suis engagé à rester à la disposition de la justice espagnole
en attendant la réception par cette dernière du soi-disant dossier juridique du
pouvoir d'Alger. Et ceci, malgré le fait que mes avocats m'aient clairement
signifié que mon arrestation ainsi que le retrait de mes papiers d'identité ne
se justifiaient nullement eu égard à mon statut de réfugié politique en Allemagne.
J'ai aussi du assumer de lourdes dépenses que je n'aurai jamais pu couvrir sans
la générosité de nombreux amis et sympathisants auxquels je tiens à exprimer
ici ma reconnaissance et mes remerciements.
Le délai d'attente légal de
40 jours ayant expiré 2 jours après la conférence de presse du 30 novembre
2007, co-organisée par la SODEPAU, Rachad et d'autres associations espagnoles à
Barcelone, je n´étais plus tenu par l´obligation de rester sur le sol espagnol.
Déjà, quelques jours avant cette conférence, plusieurs éléments troublants
m'ont amené à craindre que mes droits n'étaient plus garantis en Espagne. Juste
après la conférence de presse, des responsables espagnols m'ont clairement
insinué que ma vie était en danger et que "quelque chose de pas très légal
était en train d'être manigancé". Il est inutile de préciser que cinq «
journalistes » algériens et deux membres de la mission diplomatique algérienne,
venus spécialement de Madrid, se trouvaient à l´intérieur de la salle de
conférence, sans compter les « curieux » qui guettaient à la sortie. Ce regain
d´intérêt subi n´a fait que renforcer ma prudence pour éviter le sort réservé à
d'autres opposants algériens (Krim Belkacem, Mohamed Khider, Ali Mecili,
Abdelbaki Sahraoui,…) assassinés par les services secrets algériens à
l´étranger.
La justice espagnole,
malgré la requête de mon avocat, avait auparavant refusé de me restituer mes
objets personnels saisis lors de mon arrestation le 22 octobre 2007. Bien
entendu, il était aussi hors de question pour elle de me rendre mes papiers
d'identité.
A la lumière de ces
développements et après avoir consulté un avocat, j'ai décidé après
l'expiration du délai de 40 jours, de quitter l'Espagne et rejoindre ma famille
en Allemagne.
Conscient de l´impact que
peut engendrer cette affaire, je tiens à annoncer ce qui suit :
1. la décision de quitter
l'Espagne a été prise par moi seul et j'en assume seul l´entière responsabilité
;
2. je me tiens toujours à
la disposition de la justice espagnole pour la suite de l'affaire ;
3. je réfute encore une
fois toutes les accusations infondées du pouvoir algérien et je dénonce
l'instrumentalisation par ce pouvoir dictatorial d'institutions comme Interpol
pour harceler les opposants vivant à l´étranger;
4. cette dure épreuve vient
de renforcer ma détermination à poursuivre mon combat pour la Vérité et la
Justice en vue de démasquer les généraux criminels et leurs sbires dans la
tragédie qu´a vécue et que vit toujours le peuple algérien ;
5. afin de ne laisser place
à aucune manipulation ou exploitation politique de cette affaire, j'annonce le
gel de mon activité au sein du secrétariat du mouvement Rachad jusqu'au
règlement définitif de cette affaire. Je continuerai bien entendu à soutenir
l'action de Rachad ainsi que tout autre mouvement ou organisation qui œuvrent à
l´établissement d´ un Etat de droit en Algérie à travers des moyens
non-violents.
Enfin, je tiens à exprimer
mes remerciements et ma gratitude à toutes celles et ceux qui m'ont apportés
leur soutien dans cette difficile épreuve.
Mohamed Samraoui
Allemagne, 5 décembre 2007.
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